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Mourir enseveli, non merci !

 

De 2007 à 2011, 75 travailleurs de la construction ont perdu la vie à la suite d’un accident.
Travailleur mortellement enseveli : La CSST identifie une déficience dans la gestion de la sécurité lors des travaux d’excavation
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?Le 3 avril 2012, Gilles Lévesques perd la vie au travail. Le travailleur, à l’emploi de l’entreprise S. Fournier Excavation inc., procède aux travaux de remplacement d’une conduite d’égout quand une partie de la paroi sud de la tranchée dans laquelle il se trouve s’effondre et l’ensevelit complètement. Parmi les causes à l’origine de l’accident, la CSST identifie une déficience dans la gestion de la sécurité lors des travaux d’excavation. Les dangers d’effondrement font partie des 4 dangers de tolérance zéro qui sont ciblés par la CSST dans son plan d’action construction annuel.

Début octobre, la CSST rendait publiques les conclusions de son enquête afin de sensibiliser les maîtres d’œuvre, les employeurs et les travailleurs à l’importance de bien planifier, organiser et diriger les travaux sur un chantier, entre autres, en s’assurant des mesures de sécurité à prendre lors de travaux de creusement, d’excavation et de tranchée. Rappelons qu’en moyenne, de 2007 à 2011, 15 travailleurs de la construction ont perdu la vie chaque année.

Le travailleur est enseveli dans la tranchée
Le matin de l’accident, une équipe composée de 3 personnes, dont le travailleur accompagné par son employeur, procède aux travaux d’excavation. Alors que le travailleur est dans le fond de la tranchée à proximité de l’aqueduc principal, la paroi sud s’effondre et l’ensevelit complètement. Le décès du travailleur est constaté sur les lieux quelques heures plus tard. L’employeur est aussi partiellement enseveli à environ 2 m de monsieur Lévesques. Il s’en tire indemne, les premiers secours ayant réussi à le sortir de sa fâcheuse position.

Mieux identifier les dangers
L’enquête a permis à la CSST de retenir deux causes à l’accident. D’une part, l’inclinaison abrupte et la surcharge créée par la mise en place de déblais directement au sommet de la paroi sud de la tranchée provoquent la rupture et l’effondrement de celle-ci. D’autre part, la gestion de la sécurité lors des travaux d’excavation est déficiente notamment en ce qui a trait à l’absence d’un programme de prévention, d’une méthode de creusage et de formation pour le travailleur.

La CSST exige une méthode de travail sécuritaire
Le jour de l’accident, la CSST a suspendu les travaux dans la tranchée et exigé une méthode de travail sécuritaire avant la reprise des travaux. La CSST demande aux employeurs de s’assurer que les parois d’une excavation ou d’une tranchée sont étançonnées solidement, avec des matériaux de qualité et conformément aux plans et devis d’un ingénieur.

En outre, les employeurs doivent s’assurer que l’organisation du travail et les méthodes et techniques utilisées pour accomplir le travail sont sécuritaires et ne portent pas atteinte à la santé du travailleur.

La CSST considère que l’employeur a agi de façon à compromettre directement et sérieusement la sécurité des travailleurs lors de l’exécution de ces travaux d’excavation. En conséquence, un constat d’infraction lui a été signifié. Pour ce type d’infraction, l’amende peut varier de 15 420 $ à 61 680 $ pour une première offense et de 30 840 $ à 154 200 $ s’il s’agit d’une récidive.

Tous nos chantiers de construction, les petits comme les grands, doivent être sécuritaires. Tout le temps.

Au Québec, malgré la baisse des lésions enregistrées ces dernières années, le secteur de la construction demeure l’un des plus touchés par les accidents du travail et les maladies professionnelles. Chaque jour, 20 travailleurs de la construction sont blessés. Pour prévenir les accidents sur un chantier, il faut intégrer le volet de la santé et de la sécurité du travail aux autres activités de gestion en appliquant un programme de prévention. Cette démarche de gestion consiste à identifier les dangers, à les éliminer ou à les contrôler, à informer les travailleurs et à les former, et à assurer auprès d’eux une supervision adéquate. Parce que le Québec a besoin de tous ses travailleurs.

Depuis plus de quinze ans maintenant, la CSST applique le Plan d’action Construction et une «politique de tolérance zéro» en ce qui concerne les dangers liés aux travaux de creusement, en particulier en ce qui a trait à la stabilité des tranchées. Afin d’éviter qu’un tel accident se reproduise, la CSST et ses partenaires ont publié plusieurs guides en vue d’informer les maîtres d’œuvre, les employeurs et les travailleurs sur les méthodes de travail sécuritaires lors de travaux de creusement.

Le rapport d’enquête de l’accident est disponible sur le site internet de la CSST :
http://www.centredoc.csst.qc.ca/pdf/ed003936.pdf

Pour en savoir plus sur la santé et la sécurité du travail dans le secteur de la construction, visitez le www.dangerconstruction.ca


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