La Dodge Grand Caravan: la maxi fourgonnette


par Jacques Duval



Il y a maintenant plus d'un an, Chrysler levait le voile sur la seconde génération de ses mini-fourgonnettes, les Dodge Caravan, Plymouth Voyager et Chrysler Town and Country. Le mandat de Chrysler dans cette opération n'était pas facile puisque ces fameuses fourgonnettes étaient déjà fort bien nanties et surtout parce qu'elles faisaient partie des best-sellers de la catégorie. "Mission accomplie!" avais-je écrit après un premier contact avec ces nouveaux véhicules.

Le verdict tient toujours et cela après de longues fréquentations avec divers échantillons de ces produits Chrysler.
J'ai notamment eu l'occasion de parcourir environ 1500 km au volant d'une Dodge Grand Caravan LE 1996, incluant un aller-retour Montréal-Toronto. Un tel itinéraire a bien fait paraître la Grand Caravan qui est vraiment dans son élément lors de longs déplacements sur autoroute. Confortable, spacieuse, luxueuse et agréable à conduire, la fourgonnette de Chrysler dans sa version allongée est difficile à surpasser comme moyen de transport pour la famille, à l'occasion des vacances notamment. Les jeunes peuvent prendre leurs aises sur l'un des deux sièges du centre ou sur la petite banquette placée juste derrière. L'espace pour les bagages ou divers autres objets dépend toutefois du nombre de passagers. À quatre ou cinq, on peut laisser la banquette arrière à la maison et bénéficier d'un volume de chargement appréciable. Par contre, si l'on a besoin de la troisième rangée de sièges, il devient beaucoup plus difficile de loger tout son matériel ailleurs que dans des contenants arrimés à un porte-bagages sur le toit. Notons au passage que les sièges du centre ou la banquette arrière s'escamotent facilement sans même que lon ait à consulter le manuel d'instructions.

Un luxe de limousine
La Grand Caravan LE n'a rien à envier à certaines berlines de luxe avec un habitacle bourré de petites astuces qui améliorent la qualité de vie des occupants. Tout y est et plus encore depuis la climatisation personnalisée à deux zones jusqu'à l'ordinateur de bord en passant par une chaîne audio à la fois simple et efficace. Au nombre des détails d'aménagement les mieux pensés, on peut souligner les deux prises de courant 12 V (une au tableau de bord et l'autre près du hayon arrière) permettant de brancher divers accessoires de camping, la commande à distance pour les glaces arrière pivotantes et les nombreux espaces de rangement. En plus du coffre à gants, on trouve un tiroir sous le siège du passager avant, des casiers pour les lunettes, les cassettes et la commande à distance pour la porte de garage en plus de 6 porte-gobelets dont deux sont à circonférence variable pour recevoir des verres ou canettes de diverses grosseurs. Au volant, l'immense pare-brise donne une visibilité impeccable et même si l'on se sent un peu juché sur le siège, la position de conduite est agréable. Les sièges avec appuie-bras autorisent une conduite très détendue et les passagers bénéficient du même confort, à l'exception peut-être de ceux qui doivent prendre place sur la banquette tout à fait à l'arrière qui n'est pas aussi accueillante.


Maladroite en ville
Avec la version à empattement long, on peut toutefois se poser des questions sur la pertinence d'une "mini-fourgonnette" agrandie. Le principe d'offrir un maximum d'espace tout en maintenant un encombrement réduit est outrepassé et ces versions plus massives peuvent s'avérer encombrantes en conduite urbaine. Le véhicule n'était ni facile à garer, ni très maniable dans des endroits serrés et le problème était amplifié par une direction inerte et plutôt lente à réagir. D'autant plus que la forêt d'appuie-tête à travers laquelle on doit tenter de voir quelque chose au moment de faire marche arrière n'est pas une sinécure. Un autre aspect moins réjouissant des versions allongées est leur consommation d'essence.

Celle-ci est étonnamment faible sur la route et j'ai mesuré une moyenne de 9,5 l/100 km lors du parcours Montréal-Toronto mais elle augmente de façon dramatique en ville où elle peut facilement atteindre les 16 l/100 km avec le moteur V6 de 3,8 l qui équipait le véhicule à l'essai. Ce dernier, incidemment, est le seul habilité à tirer les 1708 kg de la Grand Caravan. Les accélérations ne sont pas impressionnantes sur papier mais elles apparaissent largement satisfaisantes sur la route où les reprises sont franches.


Excellent comportement routier
Jumelé à la transmission automatique à 4 rapports, on peut tout juste reprocher à ce groupe propulseur un manque de progressivité de l'accélérateur. La suspension fait également du beau travail et aussi étonnant que cela puisse paraître, la Grand Caravan m'est apparue plus stable en virage et à grande vitesse qu'une gigantesque Jaguar XJS essayée la semaine précédente. Insultant pour cette noble britannique mais flatteur pour la dernière née de Chrysler. La seule fausse note à une vitesse de croisière est le bruit du vent, une caractéristique difficilement contournable avec un véhicule d'un tel gabarit. Son freinage n'est pas très convaincant et il faut se rappeler que le ralentissement d'une telle masse ne se fait pas aussi facilement que lorsqu'il s'agit d'une sous-compacte. La conduite nocturne exige également de la prudence en raison de la faible luminosité des phares d'origine. Chrysler se doit de revoir la qualité de l'éclairage de ces fourgonnettes qui, pour l'instant, m'apparaît déficient. Et Yves Landry, le sympathique PDG de Chrysler Canada pourrait-il convaincre l'ingéniérie de Highland Park (siège social de la marque) de faire disparaître ces détestables béquilles qui tiennent le capot avant pour les remplacer par des supports hydrauliques? Elles n'ont pas leur place sur des véhicules qui se proclament premiers de classe.


Conclusion
Cela dit, il y a peu à reprocher à la nouvelle mini-fourgonnette de Chrysler, surtout si l'on prend soin d'opter pour un modèle à empattement normal plutôt que la version allongée moins bien adaptée aux déplacements urbains. Lors d'un récent essai comparatif réalisé pour la dernière édition du "Guide de l'auto", cette même Grand Caravan a d'ailleurs fait très belle figure en s'adjugeant la première place parmi les 6 modèles confrontés. Ajoutons enfin que la version Chrysler de ce véhicule, la Town and Country, est devenue la "voiture de luxe" la plus vendue en Amérique. Ce sont là d'éloquentes références.


Plus
  • bon comportement routier
  • confort suprême
  • aménagement intelligent
  • grand choix de moteurs
  • grand volume intérieur
  • Moins
  • version allongée encombrante
  • direction lente
  • freinage perfectible
  • phares peu puissants
  • consommation élevée en ville


  • Fiche Technique Dodge Grand Caravan 1996
    Type: mini-fourgonnette, traction avant
    Empattement: 303 cm
    Longueur: 507 cm
    Largeur: 192 cm
    Hauteur: 174 cm
    Poids: 1708 kg
    Moteur: V6 - 3,8 litres, 166 ch @ 4000 tr/min, 227 lb-pi @ 3200 tr/min
    Transmission: automatique à 4 rapports à commande électronique
    Suspension: av. indépendante, arr. essieu rigide
    Direction: à crémaillère, assistée
    Freins av./arr.: disques ventilés/tambours + ABS
    Pneus: P215/65R15
    Accélération 0-100 km/h: 12,5 s
    Capacité du réservoir: 75 l
    Volume du coffre: 671 l (3e siège en place)
    1764 l (2e siège en place)
    4879 l (maximum)


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