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L’efficacité énergétique : la première source d’énergie du Québec

 

 

 

 

Une étude réalisée par HEC Montréal dresse le portrait d’une industrie de 27 milliards $.

Le Conseil québécois des entreprises en efficacité énergétique (CQ3E) dévoilait récemment le premier portrait complet de la filière de l’efficacité énergétique au Québec, une étude dont il a confié la réalisation à la Chaire de gestion du secteur de l’énergie d’HEC Montréal. L’étude révèle une industrie de 27 milliards $ de revenus annuels, qui regroupe 12 000 entreprises et près de 100 000 emplois dans toutes les régions du Québec.  En outre, et malgré son dynamisme, l’étude révèle que  le potentiel de cette industrie reste largement sous-exploité dans la province.

«Cette étude le confirme avec des données probantes : l’efficacité énergétique est la première source d’énergie du Québec, celle qu’on n’a pas à produire. C’est aussi la plus rentable. Il est temps que les décideurs reconnaissent et utilisent pleinement sa valeur économique stratégique», déclarait Michel Méthot, président du conseil d’administration du CQ3E.

Une énergie moins chère que celle qu’on produit
L’étude s’appuie notamment sur l’analyse de 606 projets réels du programme ÉcoPerformance entre 2015 et 2025.
Les résultats sont sans équivoque : l’énergie économisée équivaut à un coût de revient de 3¢/kWh en moyenne, bien en deça du coût de revient de la nouvelle production, toutes sources confondues. C’est près de 3 fois moins que de nouvelles sources d’approvisionnement en électricité. Pas moins de 98% des projets en efficacité énergétique coûtent moins cher que de produire l’équivalent en nouvelle électricité.

Le secteur des bâtiments consomme 33% de l’énergie totale au Québec et l’industrie, 36%. Dans ces 2 secteurs, les évaluations du potentiel technico-économique montrent que des gains de 15% à 46% sont réalisables selon le secteur et la source d’énergie concernée. Pourtant, une infime proportion de ce potentiel a été exploitée à ce jour.

«L’efficacité énergétique, c’est l’énergie la moins chère : celle qu’on n’a pas à produire. Elle atténue les besoins en nouvelles infrastructures, contribue à la gestion de la pointe hivernale et libère de l’électricité décarbonée pour l’électrification industrielle et la mobilité. Aucune autre source d’énergie ne cumule autant d’avantages simultanément», soulignait Pierre-Olivier Pineau, chercheur principal de l’étude et titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie d’HEC Montréal.

Une filière économique réelle, active dans toutes les régions du Québec
Chaque dollar investi dans la filière de l’efficacité énergétique génère de 4 à 7$ de PIB. C’est une industrie qui est active et présente partout sur le territoire québécois.

Cette filière reste cependant peu visible. Pourtant elle emploie près de 100 000 personnes dans toutes les régions du Québec. 92% des entreprises sondées dans le cadre de l’étude entretiennent de bonnes à très bonnes perspectives de développement dans la province, signe d’un secteur confiant en son avenir. C’est donc dire que si les décideurs faisaient de l’efficacité énergétique une priorité nationale, il pourrait y avoir des retombées concrètes et directes dans toutes les régions du Québec.

Des actions concrètes nécessaires pour exploiter ce potentiel
Pour que la filière livre tout ce qu’elle peut offrir aux Québécois, des actions coordonnées sont nécessaires à tous les niveaux.

  • Les gouvernements doivent adopter un cadre stable, prévisible et plus stimulant, ajuster les signaux de prix pour mieux refléter les coûts réels du système énergétique, et déployer des outils de financement massifs pour lever le frein du coût initial des projets.
  • Les distributeurs d’énergie doivent traiter l’efficacité énergétique comme un pilier d’approvisionnement à part entière, avec des feuilles de route sectorielles et des incitatifs tarifaires plus attractifs.
  • L’industrie, enfin, doit améliorer le parcours client et réduire sa fragmentation pour mieux accompagner les consommateurs.

«Nous avons maintenant les données pour démontrer que l’efficacité énergétique est non seulement essentielle pour la transition énergétique, mais qu’elle est un pilier économique du Québec à valoriser. À l’aube des élections provinciales de 2026, nous invitons les partis politiques à s’appuyer sur ces conclusions pour intégrer la filière dans leurs plateformes et lui donner le cadre dont elle a besoin pour prospérer», déclarait François Dussault, co-directeur général du CQ3E.

L’étude a été réalisée pour le CQ3E sur une période de 7 mois par la Chaire de gestion du secteur de l’énergie d’HEC Montréal.

Source: Conseil québécois des entreprises en efficacité énergétique (CQ3E)

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