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Les grands chantiers du siècle : le Sydney Opera House


 


Par Sylvain Lafontaine

 

Cette chronique a pour mission de présenter de grandes réalisations humaines qui ont un impact significatif sur le développement de certaines régions du monde. Fin de siècle oblige, nous accorderons une importance particulière sur les projets qui ont marqué le 20e siècle tant par leur utilité que par l'ampleur des travaux nécessaires à leur érection.

 

 

Avec sa gracieuse silhouette océanique, le "Sydney Opera House" est probablement la plus grande réussite architecturale d'Australie. Situé sur le promontoire Bennelong Point, et offrant une vue imprenable sur le port de Sydney, le bâtiment reflète à la fois l'image d'un grand voilier, d'une vague s'agitant sur l'océan ou bien d'un coquillage, mais chacun peut y voir ce que son imagination lui suggère.

C'est à l'architecte danois Joern Utzon que l'on doit la réalisation de ce bâtiment majestueux, l'opéra de Sydney. Choisi parmi plus de 220 soumissionnaires, le design du bâtiment proposé par Joern Utzon attira les décideurs par sa beauté, sa créativité et son style révolutionnaire.

La construction de cette oeuvre architecture ne fut pas aisée et rappelle quelque peu la saga de notre stade Olympique. Le concept proposé par l'architecte ne comportait pas de plans détaillés ni de références aux techniques de construction nécessaires pour la réalisation de la structure du toit en forme de coquillage. Les ingénieurs durent revoir totalement la conception du toit lors de la première phase de la construction en 1959. La deuxième phase, qui comprenait la construction du toit redessiné, débuta en 1962 et ne fut pas complétée avant 1967, en partie en raison d'une mésentente entre l'architecte et le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud qui entraîna le retrait de l'architecte de ce projet en 1966. La dernière phase de la construction, qui comprenait la finition intérieure, fut donc entreprise en adoptant des matériaux non approuvés par l'architecte, et cela afin de diminuer les coûts de construction

Le Sydney Opera House est le premier bâtiment à utiliser le silicone comme élément structurel et des surfaces vitrées suspendues sur une grande échelle. La baie vitrée centrale, de plus de 34 m de hauteur, est suspendue sans support intermédiaire.

Ce fut donc quatorze ans après le début des travaux qu'eu lieu l'inauguration officielle, le 23 octobre 1973 par la reine Elizabeth II, au cours d'une grande cérémonie protocolaire digne d'un mariage princier.

Le Sydney Opera House est un des centres artistiques les plus fréquentés à travers le monde. Le bâtiment comprend quatre auditoriums et présente, outre des opéras, des concerts de musique classique, des ballets, des pièces de théâtre et des projections de films. On se retrouve dans un monument voué à l'art et tous nos sens sont mis à contribution. Il est également possible de se détendre à l'un des nombreux restaurants en plein air qui font face à la baie. L'espace extérieur à la "proue" du bâtiment est le théâtre de plusieurs spectacles musicaux publics et de nombreux artisans viennent à l'occasion y vendre leurs productions.

En mars 1999, une cinquième salle fut ouverte, procurant un endroit plus intime, idéal pour les petites productions théâtrales et musicales et les troupes de danse. Cette nouvelle salle se retrouve directement sous la plus grande salle du monument, la salle des concerts, pièce maîtresse du bâtiment avec son volume de 26,400 m3 et ses 2,659 places assises. 18 anneaux ajustables en polymère se retrouvent sous la scène uniquement pour assurer un retour de son remarquable qui permet de savourer la performance des musiciens, permettant d'atteindre une richesse acoustique inégalée. La conception du grand orgue de la salle des concerts nécessita à lui seul dix ans de travail et est le plus imposant orgue mécanique de la planète avec ses 10 500 tuyaux.

Durant les 14 ans de la construction de la maison de l'Opéra de Sydney, 102 millions de dollars australiens furent engloutis dans l'aventure (ce montant n'inclut toutefois pas l'orgue ni l'ajout de la cinquième salle) et fut presque entièrement financé par une loterie organisée par l'État. Malgré les difficultés rencontrées, ce monument fait la fierté de l'Australie et figure parmi les plus belles réalisations de ce siècle.

 

Références :

Série Les grands chantiers du siècle :


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